Réalité ou illusion ? À la rencontre des mondes visibles et invisibles


Réalité ou illusion ? À la rencontre des mondes visibles et invisibles

Nous croyons vivre dans une seule réalité. Mais si nous observons attentivement, il semble que l’humain navigue entre plusieurs mondes — tous réels… ou tous illusoires ?

LA RÉALITÉ DES SENS

C’est celle où l’on respire, touche, mange, entend, voit. Celle où l’on pense, raisonne, comprend, se projette. Elle nous semble solide, tangible, évidente.

Cette réalité, aussi vaste soit-elle, est une merveille vertigineuse.

Prenez le lieu où nous habitons : Laniakea. Un superamas de galaxies (1 galaxie contient 100 milliards d’étoiles), dont fait partie la Voie Lactée, qui elle-même abrite notre Terre.

Laniakea mesure 520 millions d’années-lumière de diamètre (une année-lumière étant égale à environ 10 000 milliards de kilomètres).

Et Laniakea ne représente que 4 % de l’univers observable.

Ou prenez simplement le corps humain. Il est composé de :

  • 30 000 milliards de cellules.
  • 38 000 milliards de bactéries.
  • 3 milliards de paires de bases dans l’ADN.
  • 100 milliards de neurones dans le cerveau, chacun relié à des dizaines de milliers d’autres.

Cette création majestueuse et incommensurable semble exister et bien réelle.

Et pourtant !

Selon René DESCARTES

« Je n’ai aucun argument qui conclue avec nécessité l’existence de quelques corps. (ibid., 58)

Que je vois si de ces idées que je reçois en mon esprit par cette façon de penser que j’appelle sentir, je ne pourrai point tirer quelque preuve

certaine de l’existence des choses corporelles. (ibid., 59). »

« L’idée de soleil que je trouve en moi et qui “tire son origine des sens” ;

elle me représente un Soleil “extrêmement petit” et elle est certainement moins vraie que cette autre idée du Soleil, “prise des raisons de l’astronomie” qui me représente un Soleil “plusieurs fois plus grand que toute la Terre”. »

Méditations, III,AT IX, 31

Selon les HINDOUS ce monde s’appelle maya, ce qui signifie illusion.

Selon PLATON Philosophe Grec / 427 – 346

« Le monde des choses n’est que l’ombre projetée d’une réalité plus vaste, invisible et immatérielle. »

Selon le Dr John HAGELIN Physicien Américain

« La mécanique et la cosmologie quantique le confirme :

L’Univers émerge essentiellement de la pensée et toute cette matière qui nous entoure n’est que projection de pensées. En fin de compte, nous sommes la source de l’Univers.

Selon le Yogi MILAREPA

« Alors que nos yeux regardent ces choses qui semblent aller et venir, si nous analysons avec intelligence, nous ne trouvons ni allée ni venue ; sachez donc qu’allée et venue sont comme des songes, comme des reflets de la lune dans l’eau. »

« La vraie nature des apparences est qu’elles ne sont jamais nées.

Si naissance il semble y avoir, ce n’est là que saisie, rien de plus ;

La roue tourbillonnante de l’existence n’a ni fondement ni racine. Si fondement ou racine il y a, ce n’est là qu’une pensée. »

Dans cette réalité des sens l’omniscience et l’omnipotence peuvent exister.

Parlons de Derek Amato.

À 39 ans, Derek subit un traumatisme crânien en plongeant dans une piscine peu profonde. Il perd connaissance, souffre d’une commotion, mais reprend rapidement ses esprits. Quelques jours plus tard, il se rend à un piano — instrument qu’il n’a jamais appris à jouer — et là, un phénomène extraordinaire se produit.

Ses mains se mettent à jouer d’elles-mêmes.
Des suites d’accords, des compositions fluides et complexes jaillissent naturellement. Derek est devenu ce que l’on appelle un savant acquis : une personne qui, à la suite d’un accident neurologique, manifeste soudainement un talent extraordinaire dans un domaine spécifique, ici la musique.

Il explique que des formes noires et blanches en mouvement apparaissent mentalement devant lui, comme une partition visuelle, qu’il n’a plus qu’à suivre.

Aucune explication scientifique ne permet à ce jour de comprendre comment un cerveau lésé peut générer un génie musical instantané.

Le cas de Derek Amato interroge profondément notre conception de la mémoire, du talent, de l’apprentissage…
Et peut-être, plus encore, l’accès à une source de connaissance intérieure, à une intelligence qui dépasse les circuits habituels du mental.


Parlons d’Anita Moorjani.

En 2006, Anita Moorjani est hospitalisée dans un état critique. Atteinte d’un lymphome de Hodgkin à un stade terminal, elle tombe dans le coma. Son corps est ravagé : organes défaillants, système immunitaire effondré, plus aucune chance de survie selon les médecins.

Et pourtant, c’est à cet instant que tout bascule.
Anita vit une expérience de mort imminente (EMI), d’une clarté saisissante. Elle raconte avoir quitté son corps, flotté au-dessus de la scène hospitalière, puis s’être retrouvée immergée dans un espace de conscience pure, baignée d’un amour inconditionnel, libre de toute peur, de toute souffrance.

Dans cet état, elle dit avoir compris les causes profondes de sa maladie : une vie gouvernée par la peur, par le besoin de plaire, par l’oubli de soi. Elle perçoit que tout est interconnecté, que la vie est bien plus vaste que ce que notre mental peut concevoir.

Quand elle revient à elle, le cancer commence à disparaître. En quelques semaines, ses tumeurs fondent. En cinq semaines, elle est totalement guérie, sans explication médicale rationnelle.

Depuis, elle témoigne dans le monde entier, affirmant que la guérison passe par un changement de conscience, par la reconnexion à notre nature véritable — faite d’amour, et non de peur.


Parlons de Nicolas Fraisse et de Sylvie Dethiollaz.

Nicolas est un homme doté de capacités extraordinaires, notamment celle de sortir de son corps à volonté. En collaboration avec la biologiste Sylvie Dethiollaz et le Centre Noêsis à Genève, il a été soumis à de multiples tests en environnement contrôlé. Il est capable de décrire à distance, avec précision, des lieux qu’il n’a jamais visités. Son cas, étudié scientifiquement pendant plus de 15 ans, ouvre une brèche majeure dans notre compréhension de la conscience humaine et de la perception extra-sensorielle.


Parlons des guérisons de Lourdes.

Depuis plus d’un siècle, le Bureau Médical de Lourdes, composé de médecins bénévoles, examine les cas de guérison survenus dans ce sanctuaire. Lorsqu’un pèlerin affirme avoir été guéri d’une maladie grave, un long processus de vérification médicale et scientifique est mis en place.

Pour qu’une guérison soit reconnue comme "inexpliquée", plusieurs conditions strictes doivent être remplies :

  • Le diagnostic initial doit être clairement établi, grave, et bien documenté par des examens médicaux.
  • La guérison doit être brutale, complète et définitive, sans période de convalescence progressive.
  • Il ne doit exister aucune explication médicale ou traitement pouvant justifier cette amélioration.
  • Un suivi prolongé (souvent plusieurs années) est nécessaire pour attester de l’absence de rechute.
  • Le cas doit être analysé collégialement par un comité médical international, composé de professionnels de santé issus de différents pays et disciplines.

Sur plusieurs milliers de dossiers soumis, seuls 70 cas ont été officiellement reconnus comme miraculeux par l’Église, après une double validation : d’abord par le Bureau Médical, ensuite par l’évêque du diocèse du patient concerné.

Le Dr Patrick Theillier, qui a dirigé ce bureau pendant plusieurs années, a raconté avec précision l’exigence des protocoles et la prudence méthodologique employée. Les guérisons concernent souvent des maladies graves ou incurables : cancers métastasés, sclérose en plaques, paralysies, maladies auto-immunes…

Ces guérisons dépassent les lois connues de la médecine.
Elles nous interpellent : seraient-elles le signe que d’autres dimensions — spirituelles, énergétiques ou inconscientes — participent à la guérison ?

En cela, Lourdes n’est pas simplement un lieu de foi, mais un pont entre la science et le mystère, entre la matière et l’invisible.

Parlons de Georges Vieilledent

À l’âge de 17 ans, Georges est victime d’un grave accident de moto. Il tombe dans le coma durant quatre jours. Les médecins sont réservés quant à ses chances de récupération.

Mais ce qu’il vit pendant ce coma va bouleverser sa vie.
Il raconte avoir traversé une expérience de mort imminente intense : une sensation de sortie du corps, une immersion dans une lumière bienveillante, la perception d’un espace infini fait de paix, de connaissance et d’unité.

À son réveil, un phénomène surprenant se manifeste : Georges est désormais capable de poser sa main sur un livre et d’en intégrer instantanément tout le contenu. Comme si l’information passait directement dans sa conscience, sans lecture, sans effort, sans apprentissage.

Cette capacité, proche d’un téléchargement cognitif, interroge profondément notre compréhension du cerveau, de la mémoire, de la conscience.

Était-ce un don latent activé par le choc ? Une mémoire d’un autre plan ? Une connexion à une forme d’intelligence supérieure, au-delà des circuits neuronaux habituels ?

Georges témoigne aujourd’hui avec simplicité. Il ne cherche ni gloire ni démonstration. Il partage son expérience pour ouvrir des perspectives, pour rappeler que la conscience humaine est bien plus vaste, mystérieuse et potentielle que ce que nous croyons.

Parlons de Fabien

Fabien est un moine discret, presque effacé, mais doté de capacités médiumniques troublantes. Je l’ai rencontré lors d’une soirée organisée chez un auteur connu. Il n’était pas attendu, il ne connaissait personne, et pourtant, ce qu’il s’est passé ce soir-là a laissé une empreinte durable en chacun de nous.

Sans poser de questions, sans chercher à impressionner, Fabien s’est mis à percevoir nos vies intimes avec une précision bouleversante. Il nommait des prénoms, décrivait des événements passés, des émotions non dites, des liens familiaux secrets. Il semblait lire à travers les couches visibles de l’être pour atteindre le noyau de l’âme.

Un auteur présent venait de trouver, le matin même, le titre de son prochain livre. Il n’en avait parlé à personne. Fabien, calmement, lui donna ce titre, mot pour mot, sans hésitation.

Une attachée de presse, interloquée, fut à son tour « lue » par Fabien. Il lui parla de sa sœur qu’il n’avait jamais rencontrée, la nomma (Sylvie), précisa son métier (hôtesse de l’air chez Air France). Il évoqua leur lien affectif, leurs blessures communes, avec une justesse déroutante.

Ce soir-là, nous avions tous le sentiment que Fabien ne devinait rien : il voyait.
Il accédait à une forme de connaissance directe, non mentale, non apprise. Comme s’il se connectait à un champ de conscience universel, au-delà du temps et de l’espace.

Était-ce un don ? Une ouverture de l’esprit ? Une conséquence d’années de méditation ?

Quoi qu’il en soit, ce que nous avons vécu ce soir-là nous a laissé une certitude silencieuse : il existe des réalités intérieures plus vastes que ce que nous croyons possible.

Alors que penser de la réalité de cette réalité ?

LA RÉALITÉ DES RÊVES

Lorsque nous rêvons, nous pénétrons un monde aux lois différentes.
Un monde de tous les possibles, où l’on peut voler, traverser les murs, dialoguer avec les morts, voyager dans le passé ou dans l’inconnu, sans jamais être surpris par l’invraisemblable.

Dans cet espace onirique, tout semble naturel, même l’impossible.
Les lieux, les visages, les événements prennent forme avec une précision troublante. Les émotions y sont souvent plus vives, plus brutes, plus immédiates que dans l’état de veille.

Et pourtant…
Ce n’est qu’au réveil que le voile se lève. Ce qui nous paraissait aussi réel qu’une journée vécue s’efface en quelques instants, comme une brume qui se dissipe.

Mais si le rêve n’était pas simplement une illusion ?
Et s’il révélait, lui aussi, une couche de réalité ?
Une réalité subtile, intérieure, où l’âme s’exprime librement, sans les filtres du mental ou de la matière.

Car au cœur du rêve, tout en nous y croit.
Et cette conviction intérieure nous interroge :
Ne serions-nous pas faits pour évoluer entre plusieurs plans de conscience — et non dans une seule réalité figée ?

LA RÉALITÉ VIRTUELLE DES ÉCRANS NUMERIQUES

Depuis quelques décennies, un nouveau monde a émergé : celui des écrans.
Téléphones, ordinateurs, tablettes, casques immersifs… Ils ne se contentent plus de nous informer : ils nous absorbent, littéralement.

En quelques secondes, nous pouvons voyager dans des univers numériques, interagir avec des avatars, vivre des sensations fortes sans bouger de notre fauteuil. Cette réalité virtuelle mime la réalité sensorielle avec une telle fidélité qu’elle en devient trompeuse.

Le cerveau humain, lui, ne fait pas toujours la distinction.
Les neurotransmetteurs libérés (dopamine, adrénaline, sérotonine) réagissent aux stimuli virtuels comme s’ils étaient vécus dans le monde physique. Le corps se tend devant une scène de jeu, le cœur s’emballe face à une image, l’attention est capturée, parfois jusqu’à l’oubli de soi.

Cette immersion peut être si profonde qu’il faut parfois répéter plusieurs fois un prénom, hausser le ton, ou toucher l’autre pour l’extraire de sa transe digitale. Il n’est pas rare de voir un adolescent — ou un adulte — totalement absorbé, les yeux fixés, le souffle suspendu, comme hypnotisé.

Et pourtant, tout est virtuel.
Des pixels, des algorithmes, des signaux lumineux. Des réalités codées qui donnent l’illusion du tangible, mais ne laissent souvent aucune trace dans le réel… sauf, parfois, une dépendance, une perte de présence, un éloignement du corps et du monde.

Cette réalité-là nous pousse à une question essentielle :
Sommes-nous encore dans notre vie, ou seulement devant ses reflets numériques ?

LA RÉALITÉ DE LA « SUPRA-CONSCIENCE »

Il existe une autre réalité, plus subtile, plus vaste, plus silencieuse.
C’est celle que décrivent les traditions spirituelles ancestrales : le taoïsme, le bouddhisme, l’hindouisme, les sagesses amérindiennes et tant d’autres voix oubliées de l’humanité.

Dans cette réalité, tout est déjà accompli.
Il n’y a rien à atteindre, rien à forcer. Tout est ordre, beauté, justesse. Le temps s’y dissout. Le mental s’y apaise. Le cœur y reconnaît une vérité plus grande que lui.

Ce plan de conscience n’est pas extérieur : il est intérieur.
Il n’a pas besoin d’être compris, analysé ou expliqué. Il se révèle à travers l’expérience directe, dans le silence, la méditation, l’abandon, la prière ou la contemplation.
Ce monde n’est pas fait pour être saisi, mais pour être accueilli.

Quand on s’éveille à cette réalité, toutes les autres — celle des sens, des rêves, des écrans — apparaissent comme des formes transitoires, des voiles posés sur l’essence.
Importantes, oui. Mais éphémères.
Elles deviennent comme les vagues à la surface d’un océan immobile.

Cette supra-conscience n’est pas un ailleurs.
Elle est le fond du fond, ce qui perçoit en silence, ce qui aime sans condition, ce qui relie toute chose. Elle est l’espace depuis lequel tout est vu, mais qui lui-même ne peut être vu.

Elle est là, toujours là.
Il suffit parfois d’un souffle, d’un effondrement, d’un émerveillement pour s’y ouvrir.

ALORS, QUE PENSER DE TOUTES CES RÉALITÉS ?

Selon Maitre ECKART

« Une autre approche considère que la création n’existe pas ; elle est un pur néant et n’est perçue qu’en vertu d’une illusion.

Dieu seul existe.

Toutes les créatures sont pur néant.

Hors de Dieu, il n’est rien que le seul néant. »

Selon l’Évangile de Marie Madeleine

Reprenons quelques passages :

Dis-nous, maintenant : Qu'est-ce que la Réalité ?

La Réalité est Ce qui a conçu le jeu des réalités ;

La Réalité est Ce qui vous fera déplacer vos empreintes au dedans des miennes.

Elle est Imagination dans la confiance.

C'est Elle qui engendre la Connaissance. »

Comment atteindre la Réalité ?

En désassemblant ce qui n'est pas Un.

En contemplant la Matière qui invente la cassure.

En aimant la cassure pour ses jeux.

En aimant ses jeux pour sa route vers le Jeu.

En osant.

Voyez les rêves de vos actions,

Et vous saurez ce qui vous éloigne de vous.

Que comprenne celui qui veut comprendre.

De l'enchaînement aux jeux de la Matière

Naît une passion contre l'Essence-mère

Et un trouble vient alors à surgir dans le corps.

Voilà pourquoi, en vérité, je vous annonce :

Recherchez l'harmonie avec l'Essence.

Et s'il advient que vous êtes en rupture avec l'ordre de Celle-ci,

Inspirez-vous de toutes les images naturelles évoquant votre réalité profonde.

Peut-être que la vraie sagesse consiste à accueillir, au moins pour un temps, toutes les réalités avec lucidité.
À ne pas s’illusionner sur le monde physique.
À ne pas fuir dans le rêve ou le virtuel.
À ne pas se couper de l’invisible.
Mais à marcher en conscience, en équilibre, entre ces dimensions.

C’est là que résiderait la véritable liberté intérieure :
Non pas dans l’évasion d’une réalité à l’autre mais dans l’unification.

Et si, dans ce monde de réalités multiples, notre mission était de nous souvenir de l’essentiel :

  • Ce qui perçoit.
  • Ce qui relie.
  • Ce qui aime.